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Auteur: ldp <ldp@asteride.xyz>
Date: Wed, 24 Sep 2025 12:04:53 -0400
[ctn] Corriger quelques coquilles
Diffstat:
10 fichiers modifiés, 140 insertions(+), 140 suppressions(-)
diff --git a/src/a_visiter.conv b/src/a_visiter.conv
@@ -9,24 +9,24 @@ autreur:~ldp
=> //si3t.ch/ Si₃TcH
-Capsule et site de prx. J'aime beaucoup lire ses tutoriels informatiques et ses opinions sur le domaine. Ses articles concernent surtout Unix et le Web. C'est un utilisateur d'OpenBSD, et le système est souvent abordé. On y trouve l'excellent guide « Héberger son serveur avec OpenBSD », qui m'a été et qui continue de m'être d'une grande utilité. Il publie parfois des textes à teneur politique, ce que j'aime bien.
+Capsule et site de prx. J’aime beaucoup lire ses tutoriels informatiques et ses opinions sur le domaine. Ses articles concernent surtout Unix et le Web. C’est un utilisateur d’OpenBSD, et le système est souvent abordé. On y trouve l’excellent guide « Héberger son serveur avec OpenBSD », qui m’a été et qui continue de m’être d’une grande utilité. Il publie parfois des textes à teneur politique, ce que j’aime bien.
-=> //gamifi.cat/ Gamifi.ca't!
+=> //gamifi.cat/ Gamifi.ca’t!
-Capsule et site trilingue catalanophone, espérantophone et hispanophone. On y trouve beaucoup de choses, mais ce sont surtout ses textes en faveur du logiciel libre et du fédivers qui ont attiré mon attention jusqu'à maintenant. C'est une occasion de plus de pratiquer mon catalan.
+Capsule et site trilingue catalanophone, espérantophone et hispanophone. On y trouve beaucoup de choses, mais ce sont surtout ses textes en faveur du logiciel libre et du fédivers qui ont attiré mon attention jusqu’à maintenant. C’est une occasion de plus de pratiquer mon catalan.
-=> gemini://perso.pw/blog/ Solène's gemini space
-=> https://dataswamp.org/~solene/ Solène'%
+=> gemini://perso.pw/blog/ Solène’s gemini space
+=> https://dataswamp.org/~solene/ Solène’%
-Capsule et site surtout anglophone (on y trouve bien quelques rares articles en français) de Solène, développeuse d'OpenBSD. Elle publie surtout des tutoriels informatiques et des commentaires sur des programmes informatiques qu'elle a utilisés. Ses articles sont très intéressants.
+Capsule et site surtout anglophone (on y trouve bien quelques rares articles en français) de Solène, développeuse d’OpenBSD. Elle publie surtout des tutoriels informatiques et des commentaires sur des programmes informatiques qu’elle a utilisés. Ses articles sont très intéressants.
=> gemini://warmedal.se/~antenna/ Antenna
-C'est un agrégateur de publications sur Gemini. On peut donc y découvrir de nouvelles capsules intéressantes.
+C’est un agrégateur de publications sur Gemini. On peut donc y découvrir de nouvelles capsules intéressantes.
=> https://hugo.soucy.cc/ hs0ucy
-Site d'Hugo Soucy. On y trouve de notes de lecture et des réflexions, souvent brèves mais réfléchies, qui portent la plupart du temps sur la société, sur l'informatique ou sur les deux à la fois.
+Site d’Hugo Soucy. On y trouve de notes de lecture et des réflexions, souvent brèves mais réfléchies, qui portent la plupart du temps sur la société, sur l’informatique ou sur les deux à la fois.
=> https://zestedesavoir.com/ Zeste de savoir
diff --git a/src/articles/aplat_1_documents_structures_unix.conv b/src/articles/aplat_1_documents_structures_unix.conv
@@ -69,7 +69,7 @@ Il est possible d’inclure des caractères spéciaux dans des atomes en les éc
Il existe trois manières d’échapper des caractères spéciaux.
-D’abord, on peut utiliser la barre oblique inversée (« \\ »). Son effet varie selon le caractère échappé. Les parenthèses, les espaces normaux, les caractères de tabulation, les guillemets et le caractère d’échappement lui-même sont interprétés dans leur sens littéral lorsque ce caractère les précède. Cependant, une nouvelle ligne échappée est ignorée. Dans l’exemple ci-dessus, la chaîne « Un\ programme\ en\ C » est interprété comme un seul atome et correspond à « Un programme en C ».
+D’abord, on peut utiliser la barre oblique inversée (« \\ »). Son effet varie selon le caractère échappé. Les parenthèses, les espaces normaux, les caractères de tabulation, les guillemets et le caractère d’échappement lui-même sont interprétés dans leur sens littéral lorsque ce caractère les précède. Cependant, une nouvelle ligne échappée est ignorée. Dans l’exemple ci-dessus, la chaîne « Un\ programme\ en\ C » est interprété comme un seul atome et correspond à « Un programme en C ».
Ensuite, on peut placer les caractères à échapper entre guillemets. Les parenthèses et les blancs placés entre deux guillemets reçoivent leur interprétation littérale. Par exemple, ici la chaîne « "Voici un exemple de document dans le format aplat." » forme un seul atome.
@@ -177,7 +177,7 @@ $ aplat <bonjour.aplat | grep '^:doc:pre: ' | cut -f3 |
Bonjour tout le monde!
```
-Ici, aplat fait passer du format aplat(5) au format plat(5) le contenu du fichier bonjour.aplat ; grep ne retient de la sortie de la commande précédente que les lignes dont l'étiquette est :doc:pre: ; cut isole le troisième champ ; tr fusionne toutes les lignes en supprimant tous les caractère de saut de ligne ; echo réinsère la dernière nouvelle ligne, que tr avait supprimé en trop ; xargs -0 printf '%b' a pour effet de déséchapper les caractères de nouvelle ligne et de tabulation, cc compile le texte résultant et, finalement, ./bonjour exécute le programme.
+Ici, aplat fait passer du format aplat(5) au format plat(5) le contenu du fichier bonjour.aplat ; grep ne retient de la sortie de la commande précédente que les lignes dont l’étiquette est :doc:pre: ; cut isole le troisième champ ; tr fusionne toutes les lignes en supprimant tous les caractère de saut de ligne ; echo réinsère la dernière nouvelle ligne, que tr avait supprimé en trop ; xargs -0 printf '%b' a pour effet de déséchapper les caractères de nouvelle ligne et de tabulation, cc compile le texte résultant et, finalement, ./bonjour exécute le programme.
## Conclusion
diff --git a/src/articles/avant-propos.conv b/src/articles/avant-propos.conv
@@ -1,6 +1,6 @@
titre:Avant-propos
date_pub:1ea4
-date_mod:2400
+date_mod:2401
auteur:~ldp
type:article
description:Présentation du site.
@@ -8,13 +8,13 @@ uuid:8473c6b7-2371-45c6-9670-041596b4c712
Je tiens à présenter ce petit coin d’Internet qui m’est réservé et qui sera le relais des curiosités et des réflexions, sérieuses ou légères, qui me viennent et que j’estime dignes d’être partagées.
-Je suis un étudiant au baccalauréat en linguistique et je m’intéresse beaucoup à cette discipline. Il ne faudra donc pas se surprendre de la voir venir garnir cette capsule. J’ai d'ailleurs déjà quelques idées d’articles en tête. Mais la linguistique n’accapare pas toute mon attention, car je m’intéresse aussi à l’informatique, à l’organisation sociale, à l’actualité, etc. Autant de sujets susceptibles d’être abordés ici. Je pourrai aussi publier des tutoriels si j’en imagine et réalise que je croie pertinents.
+Je suis un étudiant au baccalauréat en linguistique et je m’intéresse beaucoup à cette discipline. Il ne faudra donc pas se surprendre de la voir venir garnir cette capsule. J’ai d’ailleurs déjà quelques idées d’articles en tête. Mais la linguistique n’accapare pas toute mon attention, car je m’intéresse aussi à l’informatique, à l’organisation sociale, à l’actualité, etc. Autant de sujets susceptibles d’être abordés ici. Je pourrai aussi publier des tutoriels si j’en imagine et réalise que je croie pertinents.
Le ton pourra varier : dans un article, je défendrai avec vigueur une idée qui me tient à cœur, et dans un autre, je serai ambivalent, ou peut-être même complètement indifférent. Peu importe, je ne veux jamais qu’on me croie véritablement convaincu. Je ne cesse de douter, mais, lorsqu’il m’arrive de ne pas trouver de contrargument substantiel aux opinions que je formule, je peux difficilement m’empêcher de les soutenir vigoureusement. Ce que j’espère que ce cybercarnet pourra apporter, ce sont des idées. Je ne sais pas si elles seront intéressantes ; je serais surpris qu’elles soient nouvelles ; mais je peux assurer qu’elles ne seront toujours défendues que provisoirement.
Si jamais je suis lu — ce qui n’est pas donné —, j’aimerais beaucoup que le lecteur me dise ce qu’il pense de ce que j’ai écrit et qu’il me corrige s’il en sait plus que moi. C’est une chose qui m’apparait extrêmement enrichissante.
-Le fait que je doute implique que je suis susceptible de changer d’avis. De même, il est probable que des idées sur un sujet dont un de mes articles aura déjà traité me viennent après sa publication ; et il est inévitable que quelques coguilles se glissent quelque part. Je pourrai donc modifier des articles une semaine, un mois, des années après les avoir publiés. Il est vrai qu’il existe un certain type de contenu qui se prête mal à ce genre de révision ; je me contenterai alors d’en corriger les coquiIles. Par souci de transparence et parce que j’ai été influencé par une idée de Solderpunk, je rends disponible le dépôt git à partir duquel sont générés ma capsule et de mon site Internet (puisque le contenude cette capsule est aussi accessible via http(s)). On pourra donc en consulter l’historique complet, et si on le veut vraiment, en étudier les changements.
+Le fait que je doute implique que je suis susceptible de changer d’avis. De même, il est probable que des idées sur un sujet dont un de mes articles aura déjà traité me viennent après sa publication ; et il est inévitable que quelques coguilles se glissent quelque part. Je pourrai donc modifier des articles une semaine, un mois, des années après les avoir publiés. Il est vrai qu’il existe un certain type de contenu qui se prête mal à ce genre de révision ; je me contenterai alors d’en corriger les coquiIles. Par souci de transparence et parce que j’ai été influencé par une idée de Solderpunk, je rends disponible le dépôt git à partir duquel sont générés ma capsule et mon site Internet (puisque le contenu de ce site est accessible via gemini et http(s)). On pourra donc en consulter l’historique complet, et si on le veut vraiment, en étudier les changements.
=> https://git.asteride.xyz/~ldp/capsite/ Dépôt git
@@ -24,7 +24,7 @@ Je crois avoir à dire quelques mots au sujet de la structure de cette capsule.
J’ai donc voulu imaginer la structure de ma capsule de telle sorte qu’elle ne contraigne pas trop inflexiblement les possibilités de désordre. Je ne crois pas avoir atteint cet objectif complètement. Aussi est-il possible que sa structure change un jour.
-J’aime beaucoup les flux RSS (ou Atom, peu importe), et je veux que la structure de ma capsule s’y prête bien. Sa colonne vertébrale sera donc un cybercarnet, dont ce texte est d’ailleurs la première publication. Les articles y seront affichés en ordre antéchronologique. Si ce modèle temporel est simple et utile, je soupçonne qu'il tende à favoriser d’une part le roulement et d’autre part l’obsolescence rapide de son contenu, dont le corolaire semble être la publication fréquente de nouveaux articles superficiels et peu réfléchis puisqu’éphémères. Certains vivent bien avec ce système et réussissent à faire des sites et des capsules intéressants qui ne souffrent pas ou peu de ces écueils. Ça ne correspond cependant pas à ce à quoi j'aspire. Je prévois donc établir, lorsque mes publications seront suffisamment nombreuses, une organisation parallèle qui classera les articles thématiquement. Avec le temps, ils constitueront une sorte de wiki personnel public que je maintiendrai continuellement.
+J’aime beaucoup les flux RSS (ou Atom, peu importe), et je veux que la structure de ma capsule s’y prête bien. Sa colonne vertébrale sera donc un cybercarnet, dont ce texte est d’ailleurs la première publication. Les articles y seront affichés en ordre antéchronologique. Si ce modèle temporel est simple et utile, je soupçonne qu’il tende à favoriser d’une part le roulement et d’autre part l’obsolescence rapide de son contenu, dont le corolaire semble être la publication fréquente de nouveaux articles superficiels et peu réfléchis puisqu’éphémères. Certains vivent bien avec ce système et réussissent à faire des sites et des capsules intéressants qui ne souffrent pas ou peu de ces écueils. Ça ne correspond cependant pas à ce à quoi j’aspire. Je prévois donc établir, lorsque mes publications seront suffisamment nombreuses, une organisation parallèle qui classera les articles thématiquement. Avec le temps, ils constitueront une sorte de wiki personnel public que je maintiendrai continuellement.
=> ./ Cybernarnet
@@ -32,10 +32,10 @@ On peut s’y abonner par l’un des flux Atom qu’on trouvera dans la page ci-
=> /~ldp/flux/ Flux Atom
-Finalement, conformément à mon intention de créer un peu de « désordre » dans ma capsule, je créerai parallèlement des pages indépendantes de ces trois sections. Pour l'instant, cette idée est portée seule par une page contenant des liens vers quelques capsules et sites que je trouve intéressants.
+Finalement, conformément à mon intention de créer un peu de « désordre » dans ma capsule, je créerai parallèlement des pages indépendantes de ces trois sections. Pour l’instant, cette idée est portée seule par une page contenant des liens vers quelques capsules et sites que je trouve intéressants.
=> /~ldp/a_visiter. Capsules et sites à visiter
-Pendant un peu plus d'un an, cette capsule n'était disponible que par le protocole gemini. J'ai maintenant modifié mon système de publication de manière à rendre possible la génération de fichiers gemtext et HTML. Je n'exclus pas de l'exporter vers Gopher un jour, peut-être bientôt.
+Pendant un peu plus d’un an, cette capsule n’était disponible que par le protocole gemini. J’ai maintenant modifié mon système de publication de manière à rendre possible la génération de fichiers gemtext et HTML. Je n’exclus pas de l’exporter vers Gopher un jour, peut-être bientôt.
-Je tâche de publier le plus souvent possible, mais j’écris lentement, et je suis parfois pris de paresse ; le rythme de mes publications n'est pas très régulier. Je continue à viser le mois ; on verra si un jour j'y arriverai.
+Je tâche de publier le plus souvent possible, mais j’écris lentement, et je suis parfois pris de paresse ; le rythme de mes publications n’est pas très régulier. Je continue à viser le mois ; on verra si un jour j’y arriverai.
diff --git a/src/articles/chute_voyelles_aymara.conv b/src/articles/chute_voyelles_aymara.conv
@@ -8,32 +8,32 @@ type:article
description:Vulgarisation du phénomène de chute de voyelles conditionnée morphologiquement en aymara.
uuid:6f484b41-5262-4643-9d31-57c782a7ceab
-Sauf indication contraire, toute l'information qui est présentée ici vient de Hardman (2001).
+Sauf indication contraire, toute l’information qui est présentée ici vient de Hardman (2001).
-L'aymara est une langue indigène d'Amérique du Sud parlée principalement aux abords du lac Titicaca, de chaque côté de la frontière séparant le Pérou de la Bolivie. Elle est singulière à plusieurs égards et sait déstabiliser celui qui ne connait rien de plus exotique que les langues européennes. Elle réapparaitra assurément dans un autre article.
+L’aymara est une langue indigène d’Amérique du Sud parlée principalement aux abords du lac Titicaca, de chaque côté de la frontière séparant le Pérou de la Bolivie. Elle est singulière à plusieurs égards et sait déstabiliser celui qui ne connait rien de plus exotique que les langues européennes. Elle réapparaitra assurément dans un autre article.
-L'aymara est une langue agglutinante, c'est-à-dire que les mots qu'elle forme sont souvent composés d'un grand nombre de petites unités porteuses de sens appelées morphèmes. Autrement dit, ses mots tendent à être longs et complexes. Du point de vue de la forme, ces morphèmes se répartissent en deux classes : celle des racines et celle des suffixes. On peut, pour les besoins de l'exposé, définir le mot aymara comme étant une racine seule ou une racine à laquelle se sont agglutinés un ou plusieurs suffixes.
+L’aymara est une langue agglutinante, c’est-à-dire que les mots qu’elle forme sont souvent composés d’un grand nombre de petites unités porteuses de sens appelées morphèmes. Autrement dit, ses mots tendent à être longs et complexes. Du point de vue de la forme, ces morphèmes se répartissent en deux classes : celle des racines et celle des suffixes. On peut, pour les besoins de l’exposé, définir le mot aymara comme étant une racine seule ou une racine à laquelle se sont agglutinés un ou plusieurs suffixes.
-Par exemple, le mot « utankaña », qui signifie « être à la maison », se compose de quatre morphèmes : « Uta », qui veut dire « maison » et qui est la racine du mot ; « ni », qui exprime la possession ; « ka », qui convertit un nom en verbe, avec le sens de « X est (quelque part) » ; « ña », qui convertit un verbe en nom et qui est, en l'occurrence, à rapprocher d'une marque d'infinitif.
+Par exemple, le mot « utankaña », qui signifie « être à la maison », se compose de quatre morphèmes : « Uta », qui veut dire « maison » et qui est la racine du mot ; « ni », qui exprime la possession ; « ka », qui convertit un nom en verbe, avec le sens de « X est (quelque part) » ; « ña », qui convertit un verbe en nom et qui est, en l’occurrence, à rapprocher d’une marque d’infinitif.
-On constate que la simple agglutination des suffixes à la racine donnerait « utanikaña ». Or, la forme attestée est « utankaña », sans le « i », donc. C'est ce phénomène de chute de voyelles que je veux expliquer.
+On constate que la simple agglutination des suffixes à la racine donnerait « utanikaña ». Or, la forme attestée est « utankaña », sans le « i », donc. C’est ce phénomène de chute de voyelles que je veux expliquer.
-En se combinant, plusieurs suffixes imposent la chute ou le maintien de la voyelle qui les précède ou qui les termine. Ces règles sont entièrement lexicales et font partie de la nature même d'un suffixe ; si quelques régularités ont été décelées, il reste indispensable de spécifier la nature combinatoire de chaque suffixe indépendamment de tout autre attribut. On peut noter la chute et le maintien des voyelles par un « (C) » et un « (V) », respectivement. Ainsi, dans l'exemple précédant, « (V)ni » impose à « uta » le maintien de sa voyelle finale, « (C)ka » en impose la chute à « utani » et « (V)ña » en impose le maintien à « utanka ».
+En se combinant, plusieurs suffixes imposent la chute ou le maintien de la voyelle qui les précède ou qui les termine. Ces règles sont entièrement lexicales et font partie de la nature même d’un suffixe ; si quelques régularités ont été décelées, il reste indispensable de spécifier la nature combinatoire de chaque suffixe indépendamment de tout autre attribut. On peut noter la chute et le maintien des voyelles par un « (C) » et un « (V) », respectivement. Ainsi, dans l’exemple précédant, « (V)ni » impose à « uta » le maintien de sa voyelle finale, « (C)ka » en impose la chute à « utani » et « (V)ña » en impose le maintien à « utanka ».
Un petit nombre de suffixes admet de la variation. Coler et al. (2020) ont ainsi reconnu que « pacha », « kama », « naqa » et « hama » pouvaient tantôt faire tomber la voyelle qui les précèdent, tantôt la conserver. En outre, la variation dialectale, bien que plutôt faible, peut venir modifier la nature combinatoire de certains suffixes.
Je trouve ce phénomène franchement fantastique. Le plus intéressant est que la nature combinatoire des suffixes peut parfois servir à en distinguer certains qui semblent homophones lorsque pris individuellement.
-Hardman (2001) donne l'exemple de quatre suffixes « -ta » distincts, dont les formes ne diffèrent que par les règles combinatoires :
+Hardman (2001) donne l’exemple de quatre suffixes « -ta » distincts, dont les formes ne diffèrent que par les règles combinatoires :
* uma + (C)ta(C) + wa : umtwa (Je bois)
* uma + (V)ta(V) + wa : umatawa (Une personne soule)
* uma + (C)ta(V) + wa : umtawa (Tu bois)
-* uma + (V)ta(C) + wa : umatwa (Depuis l'eau)
+* uma + (V)ta(C) + wa : umatwa (Depuis l’eau)
-Qu'arrive-t-il lorsque les suffixes imposent des règles contradictoires, lorsque celui qui précède veut conserver sa voyelle finale et que celui qui suit veut la faire chuter, ou que celui qui précède veut la faire chuter et que celui qui suit veut la maintenir? Hardman (2021), n'aborde pas la question. En revanche, Kim (2016) affirme que les règles spécifiant la chute ou le maintien de la voyelle finale n'ont pas d'influence en cas de désaccord, que les caprices du suffixe de droite ont préséance.
+Qu’arrive-t-il lorsque les suffixes imposent des règles contradictoires, lorsque celui qui précède veut conserver sa voyelle finale et que celui qui suit veut la faire chuter, ou que celui qui précède veut la faire chuter et que celui qui suit veut la maintenir? Hardman (2021), n’aborde pas la question. En revanche, Kim (2016) affirme que les règles spécifiant la chute ou le maintien de la voyelle finale n’ont pas d’influence en cas de désaccord, que les caprices du suffixe de droite ont préséance.
-D'autres phénomènes causant la chute de voyelles existent en aymara. Certains sont ainsi conditionnés phonologiquement ou syntaxiquement. Celui que je viens de présenter est le plus fréquent et reste selon moi le plus impressionnant.
+D’autres phénomènes causant la chute de voyelles existent en aymara. Certains sont ainsi conditionnés phonologiquement ou syntaxiquement. Celui que je viens de présenter est le plus fréquent et reste selon moi le plus impressionnant.
## Bibliographie
@@ -44,4 +44,4 @@ D'autres phénomènes causant la chute de voyelles existent en aymara. Certains
## Voir aussi
=> https://fr.wikipedia.org/wiki/Aymara_(langue) Page Wikipédia (la page en espagnol est plus complète)
-=> http://www.ilcanet.org/publicaciones/pdf_compendio.html Grammaire de l'aymara (en espagnol)
+=> http://www.ilcanet.org/publicaciones/pdf_compendio.html Grammaire de l’aymara (en espagnol)
diff --git a/src/articles/curiosites_catalan.conv b/src/articles/curiosites_catalan.conv
@@ -2,61 +2,61 @@ titre:Quelques curiosités du catalan
date_pub:11 septembre 2022
date_mod:7 avril 2023
date_pub:1fac
-date_mod:207c
+date_mod:2401
auteur:~ldp
type:article
description:Présentation de quelques curiosités du catalan.
uuid:96585df5-41e7-4910-98b3-7ffc503e114c
-Devant l'immense diversité des langues du monde, le francophone ne se doute peut-être pas que le catalan, langue avec laquelle le français partage pourtant de nombreux traits linguistiques, est rempli de curiosités capables de l'émerveiller. Il est vrai que les deux langues se ressemblent beaucoup. Non seulement sont-elles toutes deux issues de la même mère, le latin, mais leur évolution a pris un cours semblable : bon nombre des changements linguistiques qui ont modelé l'une ont aussi modelé l'autre.
+Devant l’immense diversité des langues du monde, le francophone ne se doute peut-être pas que le catalan, langue avec laquelle le français partage pourtant de nombreux traits linguistiques, est rempli de curiosités capables de l’émerveiller. Il est vrai que les deux langues se ressemblent beaucoup. Non seulement sont-elles toutes deux issues de la même mère, le latin, mais leur évolution a pris un cours semblable : bon nombre des changements linguistiques qui ont modelé l’une ont aussi modelé l’autre.
-C'est d'ailleurs avant tout en raison d'intérêts d'ordre politique que j'ai moi-même commencé à apprendre le catalan : la Catalogne vit en effet une période fort intéressante sur ce plan. Son histoire ne manque pas d'intérêt non plus. Et bien que j'étudie la linguistique, c'était moins en sa qualité de langue que comme porte d'entrée vers sa culture que le catalan m'attirait. Cependant, dès le premier jour de mon apprentissage, et régulièrement par la suite, j'ai découvert une foule de faits sur la langue, anecdotiques ou fondamentaux, qui n'ont pas cessé de m'enchanter. Cette langue ne présente peut-être pas l'exotisme des médiatifs de l'aymara, des tons du cantonais ou des racines trilitères de l'hébreu, mais ce n'est pas pour autant que le francophone n'a rien à y trouver d'intéressant. Au contraire, la proximité du catalan et du français permet justement d'explorer plus facilement et plus profondément des caractéristiques qui auraient demandé de longues explications eussent-elles été présentes dans une langue aux structures plus dépaysantes et au vocabulaire moins familier. Le regard sur une langue sœur permet en outre la comparaison et peut ainsi servir à exposer des pans peu connus de l'histoire de notre propre langue.
+C’est d’ailleurs avant tout en raison d’intérêts d’ordre politique que j’ai moi-même commencé à apprendre le catalan : la Catalogne vit en effet une période fort intéressante sur ce plan. Son histoire ne manque pas d’intérêt non plus. Et bien que j’étudie la linguistique, c’était moins en sa qualité de langue que comme porte d’entrée vers sa culture que le catalan m’attirait. Cependant, dès le premier jour de mon apprentissage, et régulièrement par la suite, j’ai découvert une foule de faits sur la langue, anecdotiques ou fondamentaux, qui n’ont pas cessé de m’enchanter. Cette langue ne présente peut-être pas l’exotisme des médiatifs de l’aymara, des tons du cantonais ou des racines trilitères de l’hébreu, mais ce n’est pas pour autant que le francophone n’a rien à y trouver d’intéressant. Au contraire, la proximité du catalan et du français permet justement d’explorer plus facilement et plus profondément des caractéristiques qui auraient demandé de longues explications eussent-elles été présentes dans une langue aux structures plus dépaysantes et au vocabulaire moins familier. Le regard sur une langue sœur permet en outre la comparaison et peut ainsi servir à exposer des pans peu connus de l’histoire de notre propre langue.
-Je veux présenter quatre aspects du catalan qui risquent d'intéresser le francophone : l'auxiliaire « anar » du passé périphrastique, le forclusif de négation « pas », l'influence de l'accent tonique dans la phonologie catalane et une manière unique de dire l'heure.
+Je veux présenter quatre aspects du catalan qui risquent d’intéresser le francophone : l’auxiliaire « anar » du passé périphrastique, le forclusif de négation « pas », l’influence de l’accent tonique dans la phonologie catalane et une manière unique de dire l’heure.
-À l'image de la plupart des autres langues, le catalan n'est pas homogène et fédère un ensemble de variétés parlées notamment à Andorre, à Valence[1], aux Îles Baléars, en Catalogne et à L'Alguer. Si elles partagent toutes les mêmes traits fondamentaux qui témoignent de l'appartenance à une même langue, elles divergent en certains points. Mais, je n'en dirai pas plus, car la dialectologie catalane est un thème trop vaste pour cet article. Je me contenterai d'avertir le lecteur que c'est à la variété centrale, parlée en Catalogne[2], que la plupart de traits que j'exposerai ici s'appliqueront.
+À l’image de la plupart des autres langues, le catalan n’est pas homogène, et il fédère un ensemble de variétés parlées notamment à Andorre, à Valence[1], aux Îles Baléars, en Catalogne et à L’Alguer. Si elles partagent toutes les mêmes traits fondamentaux qui témoignent de l’appartenance à une même langue, elles divergent en certains points. Mais, je n’en dirai pas plus, car la dialectologie catalane est un thème trop vaste pour cet article. Je me contenterai d’avertir le lecteur que c’est à la variété centrale, parlée en Catalogne[2], que la plupart de traits que j’exposerai ici s’appliqueront.
=> https://fr.wikipedia.org/wiki/Dialectologie_de_la_langue_catalane Article de Wikipédia sur la dialectologie catalane
-Avant de poursuivre, je tiens à insister sur le fait que le catalan n'est pas ma langue maternelle. Je me suis appuyé sur des ouvrages de référence et sur des œuvres de la litérature catalans, mais il n'est pas impossible que des erreurs se soient malencontreusement glissées dans ce texte. Si ce devait être le cas, je prie le lecteur de me le faire savoir.
+Avant de poursuivre, je tiens à insister sur le fait que le catalan n’est pas ma langue maternelle. Je me suis appuyé sur des ouvrages de référence et sur des œuvres de la litérature catalans, mais il n’est pas impossible que des erreurs se soient malencontreusement glissées dans ce texte. Si ce devait être le cas, je prie le lecteur de me le faire savoir.
## Passé périphrastique
-En français et dans plusieurs autres langues, l'auxiliaire du verbe correspondant à « aller » marque le futur. Nous avons ainsi « Je vais manger », « Voy a comer » (espagnol), « I am going to eat » (anglais), etc. En catalan, c'est toutefois le passé que l'auxiliaire « anar » exprime : « Vaig menjar » ne signifie pas « Je vais manger », mais bien « J'ai mangé ».
+En français et dans plusieurs autres langues, l’auxiliaire du verbe correspondant à « aller » marque le futur. Nous avons ainsi « Je vais manger », « Voy a comer » (espagnol), « I am going to eat » (anglais), etc. En catalan, c’est toutefois le passé que l’auxiliaire « anar » exprime : « Vaig menjar » ne signifie pas « Je vais manger », mais bien « J’ai mangé ».
-Le passé périphrastique relate une action passée, réalisée au sein d'un cadre temporel envisagé comme un tout. En ce sens, il s'oppose à l'imparfait (imperfet), qui a la même valeur que son équivalent français. Là où l'imparfait installe le contexte « quan l'Alba ja deixava el cistellet… », le passé périphrastique le meuble par les actions qui s'y produisent « …el cel i la terra van començar a vibrar ».
+Le passé périphrastique relate une action passée, réalisée au sein d’un cadre temporel envisagé comme un tout. En ce sens, il s’oppose à l’imparfait (imperfet), qui a la même valeur que son équivalent français. Là où l’imparfait installe le contexte « quan l’Alba ja deixava el cistellet… », le passé périphrastique le meuble par les actions qui s’y produisent « …el cel i la terra van començar a vibrar ».
-* I aleshores, quan l'Alba ja deixava el cistellet per tal de llançar-se a l'aigua […], el cel i la terra van començar a vibrar amb una mena de trepidació sorda que s'anava accentuant.
-* Et alors, quand Aube délaissait déjà le panier afin de se lancer à l'eau […], le ciel et la terre comencèrent à trembler d'une sorte d'émoi qui allait en s'accentuant.
+* I aleshores, quan l’Alba ja deixava el cistellet per tal de llançar-se a l’aigua […], el cel i la terra van començar a vibrar amb una mena de trepidació sorda que s’anava accentuant.
+* Et alors, quand Aube délaissait déjà le panier afin de se lancer à l’eau […], le ciel et la terre comencèrent à trembler d’une sorte d’émoi sourd qui allait en s’accentuant.
-Le passé périphrastique s'oppose également au passat d'indicatiu, plus ou moins analogue au passé composé français. Ces deux temps verbaux s'utilisent pour présenter comme un tout insécable une action passée. La différence qui les distingue réside dans la distance temporelle entre cette action et son énonciation. Si l'action et l'énonciation font partie d'une même période temporelle du point de vu du discours, il faut employer le passat d'indicatiu ; sinon, c'est du passé périphrastique qu'il faut se servir. Notons au passage qu'on utilise toujours le passat d'indicatiu lorsque que l'énonciation à lieu le même jour que l'action qu'elle relate.
+Le passé périphrastique s’oppose également au passat d’indicatiu, plus ou moins analogue au passé composé français. Ces deux temps verbaux s’utilisent pour présenter comme un tout insécable une action passée. La différence qui les distingue réside dans la distance temporelle entre cette action et son énonciation. Si l’action et l’énonciation font partie d’une même période temporelle du point de vu du discours, il faut employer le passat d’indicatiu ; sinon, c’est du passé périphrastique qu’il faut se servir. Notons au passage qu’on utilise toujours le passat d’indicatiu lorsque que l’énonciation a lieu le même jour que l’action qu’elle relate.
* La setmana passada, va quedar amb uns amics. (La semaine passée, il est sorti avec des amis.)
* Aquesta setmana, ha quedat amb uns amics. (Cette semaine, il est sorti avec des amis.)
-* L'any 1908, va néixer la Mercè Rodoreda. (Mercè Rodoreda est née en 1908.)
+* L’any 1908, va néixer la Mercè Rodoreda. (Mercè Rodoreda est née en 1908.)
* Aquest any, ha nascut el seu fill. (Son fils est né cette année.)
-Le fait que le catalan utilise ainsi l'auxiliaire « aller » (« anar ») ne manque pas d'étonner ; puisqu'il désigne étymologiquement un mouvement vers quelque chose, on l'imagine plus facilement récupéré comme marqueur du futur que comme marqueur de passé. Cette particularité catalane n'est pourtant pas complètement étrangère à l'usage français. On rencontre en effet souvent, dans les narrations d'historiens notamment, des verbes conjugués au présent et au futur qui expriment indubitablement le passé.
+Le fait que le catalan utilise ainsi l’auxiliaire « aller » (« anar ») ne manque pas d’étonner ; puisqu’il désigne étymologiquement un mouvement vers quelque chose, on l’imagine plus facilement récupéré comme marqueur du futur que comme marqueur de passé. Cette particularité catalane n’est pourtant pas complètement étrangère à l’usage français. On rencontre en effet souvent, dans les narrations d’historiens notamment, des verbes conjugués au présent et au futur qui expriment indubitablement le passé.
-Voici la transcription d'un extrait de l'épisode d'Aujourd'hui l'Histoire du 3 mars 2020, Félix Leclerc, le militant :
+Voici la transcription d’un extrait de l’épisode d’Aujourd’hui l’Histoire du 3 mars 2020, Félix Leclerc, le militant :
-Mais vers la fin des années 60, il va rencontrer sa nouvelle épouse, Gaëtane Morin, il va beaucoup fréquenter les cercles péquistes et on sent qu'il se remet à l'écriture de chansons.
+> Mais vers la fin des années 60, il va rencontrer sa nouvelle épouse, Gaëtane Morin, il va beaucoup fréquenter les cercles péquistes et on sent qu’il se remet à l’écriture de chansons.
-Dans cet extrait, la forme aller + infinitif exprime le passé. À la place, on aurait très bien pu dire : « il a rencontré sa nouvelle épouse », « il a beaucoup fréquenté les cercles péquistes », etc. Cet usage du futur simple pour exprimer le passé s'appelle futur historique.
+Dans cet extrait, la forme aller + infinitif exprime le passé. À la place, on aurait très bien pu dire : « il a rencontré sa nouvelle épouse », « il a beaucoup fréquenté les cercles péquistes », etc. Cet usage du futur simple pour exprimer le passé s’appelle futur historique.
-Remarquons finalement que le futur historique est un effet de style que se distingue de la manière standard d'exprimer le passé parfait en français, le passé composé. En catalan, il n'est pas question de style, car le passé périphrastique est la manière standard d'exprimer le passé parfait.
+Remarquons finalement que le futur historique est un effet de style que se distingue de la manière standard d’exprimer le passé parfait en français, le passé composé. En catalan, il n’est pas question de style, car le passé périphrastique est la manière standard d’exprimer le passé parfait.
-Le processus qui a mené au futur historique en français est peut-être complètement étrangé à celui qui a mené au passé périphrastique catalan. Je veux simplement montrer que la voie catalane n'est pas complètement étrangère à l'usage français. Peut-être augmenterai-je un jour cet article de précisions diachroniques.
+Le processus qui a mené au futur historique en français est peut-être complètement étrangé à celui qui a mené au passé périphrastique catalan. Je veux simplement montrer que la voie catalane n’est pas complètement étrangère à l’usage français. Peut-être augmenterai-je un jour cet article de précisions diachroniques.
-## Influence de l'accent tonique
+## Influence de l’accent tonique
-L'accent tonique joue un rôle bien plus important en catalan qu'en français. D'abord, il est pertinent sur le plan phonologique, c'est-à-dire qu'il peu servir à distinguer deux mots autrement identiques[3].
+L’accent tonique joue un rôle bien plus important en catalan qu’en français. D’abord, il est pertinent sur le plan phonologique, c’est-à-dire qu’il peu servir à distinguer deux mots autrement identiques[3].
-Note : dans les transcriptions suivantes, le point (.) sépare les syllabes ; l'apostrophe (') précède la syllabe accentuée et remplace, s'il y a lieu, le point. Lorsque la prononciation est donnée entre des barre-obliques (//), il s'agit d'une transcription phonémique, c'est-à-dire qu'elle représente les sons tels que les locuteurs pensent intuitivement les prononcer ; lorsqu'elle est donnée entre crochets ([]), il s'agit d'une transcription phonétique, c'est-à-dire qu'elle représente les sons tels qu'ils sont prononcés[4].
+Note : dans les transcriptions suivantes, le point (.) sépare les syllabes ; l’apostrophe (') précède la syllabe accentuée et remplace, s’il y a lieu, le point. Lorsque la prononciation est donnée entre des barre-obliques (//), il s’agit d’une transcription phonémique, c’est-à-dire qu’elle représente les sons tels que les locuteurs pensent intuitivement les prononcer ; lorsqu’elle est donnée entre crochets ([]), il s’agit d’une transcription phonétique, c’est-à-dire qu’elle représente les sons tels qu’ils sont prononcés[4].
* Brunzir /brun'zi/ (bourdonner)
-* Brunzi /'brun.zi/ (que je bourdonne/qu'il bourdonne)
+* Brunzi /'brun.zi/ (que je bourdonne/qu’il bourdonne)
* Donar /dɔ'na/ (donner)
* Dona /'dɔ.na/ (il/elle donne)
@@ -64,12 +64,12 @@ Note : dans les transcriptions suivantes, le point (.) sépare les syllabes ; l
* Secretaria /se.cre.ta'ri.a/ (secrétariat)
* Secretària /se.cre'ta.ri.a/ (secrétaire)
-La distinction entre /o/, /ɔ/ et /u/ s'efface en syllabe non accentuée : dans ce contexte, tous se prononcent [u].
+La distinction entre /o/, /ɔ/ et /u/ s’efface en syllabe non accentuée : dans ce contexte, tous se prononcent [u].
* Donar [du'na]
* Dona ['dɔ.nə]
-Voici d'autres exemples, tirés de (IEC, 2018).
+Voici d’autres exemples, tirés de (IEC, 2018).
* Fosc ['fosk] (sombre)
* Foscor [fus'ko] (obscurité)
@@ -82,7 +82,7 @@ Un phénomène analogue se produit avec /a/, /e/ et /ɛ/, qui se centralisent to
* Secretaria [sə.crə.tə'ri.ə]
* Secretària [sə.crə'ta.ri.ə]
-Voici d'autres exemples, tirés également de (IEC, 2018).
+Voici d’autres exemples, tirés également de (IEC, 2018).
* Carrer [kər're] (rue)
* Carreró [kər.rə'ro] (ruelle)
@@ -95,35 +95,35 @@ Voici d'autres exemples, tirés également de (IEC, 2018).
## « Pas »
-Utiliser deux mots plutôt qu'un pour marquer la négation est un trait caractéristique du français : nous disons « Je ne veux pas ». J'ai été très surpris d'apprendre que catalan lui aussi possède cette double marque de la négation. Seulement, à la différence du français, le « pas » y est facultatif. Les phrases « No vull » et « No vull pas » sont toutes deux grammaticales.
+Utiliser deux mots plutôt qu’un pour marquer la négation est un trait caractéristique du français : nous disons « Je ne veux pas ». J’ai été très surpris d’apprendre que catalan lui aussi possède cette double marque de la négation. Seulement, à la différence du français, le « pas » y est facultatif. Les phrases « No vull » et « No vull pas » sont toutes deux grammaticales.
-Ces deux phrases n'ont cependant pas exactement le même sens. La première est équivalente à la phrase en français ; la seconde met davantage l'accent sur le fait de ne pas vouloir. Elle est plus près de « Je ne veux pas du tout ».
+Ces deux phrases n’ont cependant pas exactement le même sens. La première est équivalente à la phrase en français ; la seconde met davantage l’accent sur le fait de ne pas vouloir. Elle est plus près de « Je ne veux pas du tout ».
-Le français réservait il y a fort longtemps un usage bien différent au forclusif « pas ». Cette particule servait à renforcer la négation et était à l'origine beaucoup plus chargée sémantiquement. Dire « Je ne marche pas » signifiait alors « Je ne marche pas même un pas » et dire « Je n'écris point » signifiait « Je n'écris pas même un point ». L'inventaire de forclusifs était alors beaucoup plus riche, et l'on disait volontiers « Je ne bois goutte » et « Je ne mange mie ».
+Le français réservait il y a fort longtemps un usage bien différent au forclusif « pas ». Cette particule servait à renforcer la négation et était à l’origine beaucoup plus chargée sémantiquement. Dire « Je ne marche pas » signifiait alors « Je ne marche pas même un pas » et dire « Je n’écris point » signifiait « Je n’écris pas même un point ». L’inventaire de forclusifs était alors beaucoup plus riche, et l’on disait volontiers « Je ne bois goutte » et « Je ne mange mie ».
-Avec le temps, « pas » et « point » se sont généralisés et les autres forclusifs sont tombés en désuétude. Leurs sens se sont aussi progressivement effacés, jusqu'à ce qu'ils deviennent interchangeables et qu'ils ne gardent plus rien du pas qu'on marche et du point qu'on écrit.
+Avec le temps, « pas » et « point » se sont généralisés et les autres forclusifs sont tombés en désuétude. Leurs sens se sont aussi progressivement effacés, jusqu’à ce qu’ils deviennent interchangeables et qu’ils ne gardent plus rien du pas qu’on marche et du point qu’on écrit.
À cette époque ces forclusifs avaient à peu près le même usage que celui qui prévaut en catalan. On ne les employait que pour renforcer un affirmation et on les laissait de côté le reste du temps.
-En quête d'expressivité plus grande, les francophones se mirent à employer ces forclusifs de plus en plus souvent, en particulier « pas ». Mais leur sens ternissait de plus en plus à mesure que leur utilisation s'intensifiait, la force d'une expression venant beaucoup de la parcimonie avec laquelle on l'emploie ; c'est un principe d'économie. Avec le temps, « pas » en est venu à être si fréquent qu'il est devenu obligatoire. On appelle grammaticalisation ce processus par lequel un simple mot de vocabulaire entre dans la grammaire.
+En quête d’expressivité plus grande, les francophones se mirent à employer ces forclusifs de plus en plus souvent, en particulier « pas ». Mais leur sens ternissait de plus en plus à mesure que leur utilisation s’intensifiait, la force d’une expression venant beaucoup de la parcimonie avec laquelle on l’emploie ; c’est un principe d’économie. Avec le temps, « pas » en est venu à être si fréquent qu’il est devenu obligatoire. On appelle grammaticalisation ce processus par lequel un simple mot de vocabulaire entre dans la grammaire.
-Et maintenant, c'est le marqueur de négation originel « ne » qui est devenu facultatif et qui est en voie de disparition, car on entend plus souvent « Je veux pas » que « Je ne veux pas ».
+Et maintenant, c’est le marqueur de négation originel « ne » qui est devenu facultatif et qui est en voie de disparition, car on entend plus souvent « Je veux pas » que « Je ne veux pas ».
-Les Catalans ont su rester parcimonieux, et dans leur langue « pas » conserve encore toute sa force[5]. Il est vrai que le catalan septentrional (aussi appelé roussillonnais), parlé en Catalogne-Nord, a tout comme le français supprimé la particule de négation originelle correspondant à « ne » et que « pas » y est obligatoire.
+Les Catalans ont su rester parcimonieux, et dans leur langue « pas » conserve encore toute sa force[5]. Il est vrai que le catalan septentrional (aussi appelé roussillonnais), parlé en Catalogne-Nord, a tout comme le français supprimé la particule de négation originelle correspondant à « ne » et que « pas » y est obligatoire.
-## Dire l'heure
+## Dire l’heure
-Plusieurs façons de dire l'heure cohabitent dans les pays catalans, mais la plus traditionnelle est appelée « sistema de campanar ». Elle doit son nom aux clochers des églises dont les tintements, à tous les quarts d'heure, servent de repère.
+Plusieurs façons de dire l’heure cohabitent dans les pays catalans, mais la plus traditionnelle est appelée « sistema de campanar ». Elle doit son nom aux clochers des églises dont les tintements, à tous les quarts d’heure, servent de repère.
-Contrairement au français, l'expression des heures requiert l'article défini. Le mot « hora » (« heure ») n'est pas prononcé, mais étant sous-entendu, l'article est féminin. De plus, l'article est singulier lorsque l'heure en question est 1h et pluriel dans les autres cas.
+Contrairement au français, l’expression des heures requiert l’article défini. Le mot « hora » (« heure ») n’est pas prononcé, mais étant sous-entendu, l’article est féminin. De plus, l’article est singulier lorsque l’heure en question est 1h et pluriel dans les autres cas.
-* Avui, m'he aixecat a les vuit.
-* Aujourd'hui je me suis levé à huit heures (aux huit).
+* Avui, m’he aixecat a les vuit.
+* Aujourd’hui je me suis levé à huit heures (aux huit).
* Ja és la una.
* Il est déjà une heure (la une).
-Le sistema de campanar admet deux subdivisions de l'heure. D'abord le quart d'heure. Il s'additionne aux heures, mais le fait d'une manière assez singulière. Mieux vaut d'abord présenter quelques exemples.
+Le sistema de campanar admet deux subdivisions de l’heure. D’abord le quart d’heure. Il s’additionne aux heures, mais le fait d’une manière assez singulière. Mieux vaut d’abord présenter quelques exemples.
* Un quart de vuit.
* 7h15. (un quart de huit).
@@ -134,58 +134,58 @@ Le sistema de campanar admet deux subdivisions de l'heure. D'abord le quart d'he
* Dos quarts de dues.
* 1h30. (deux quarts de deux).
-Nous voyons que l'heure exprimée est systématiquement décalée d'une heure par rapport à ce qu'aurait donné une simple addition des heures et des quarts d'heure. C'est que pour savoir ce que signifie « Un quart de vuit », il ne faut pas additionner 1 quart d'heure à 8h, mais 1 quart d'heure à la huitième heure, qui est 7h. En effet, à minuit commence la première heure, à une heure la deuxième, à deux heures la troisième, etc. Ainsi, la calcul qu'il faut faire est le suivant.
+Nous voyons que l’heure exprimée est systématiquement décalée d’une heure par rapport à ce qu’aurait donné une simple addition des heures et des quarts d’heure. C’est que pour savoir ce que signifie « Un quart de vuit », il ne faut pas additionner 1 quart d’heure à 8h, mais 1 quart d’heure à la huitième heure, qui est 7h. En effet, à minuit commence la première heure, à une heure la deuxième, à deux heures la troisième, etc. Ainsi, la calcul qu’il faut faire est le suivant.
* Un quart de vuit.
-* Un quart d'heure + la huitième heure = 7h15.
+* Un quart d’heure + la huitième heure = 7h15.
* Tres quarts de deu.
-* Trois quarts d'heure + la dixième heure = 9h45.
+* Trois quarts d’heure + la dixième heure = 9h45.
* Dos quarts de dues.
-* Deux quarts d'heure + la deuxième heure = 1h30.
+* Deux quarts d’heure + la deuxième heure = 1h30.
-Afin d'être plus précis, le système permet l'addition et la soustraction de minutes.
+Afin d’être plus précis, le système permet l’addition et la soustraction de minutes.
* Falten deu minuts per a les quatre.
* 3h50. (Il manque dix minutes pour les quatre).
* És un quart i tres de set.
-* 6h18. (Il est un qurat et trois de sept).
+* 6h18. (Il est un quart et trois de sept).
-La deuxième subdivision de l'heure est le mig quart (demi quart d'heure), équivalent à sept minutes et demie.
+La deuxième subdivision de l’heure est le mig quart (demi quart d’heure), équivalent à sept minutes et demie.
-* Tres quarts i mig d'onze.
-* 10h52. (Trois quarts et demi d'onze).
+* Tres quarts i mig d’onze.
+* 10h52. (Trois quarts et demi d’onze).
* Mig quart de nou.
* 8h07. (Demi quart de neuf).
-Le site internet Softcatala, qui propose une foule d'outils en lien avec le catalan, rend disponible en ligne un programme permettant de convertir l'heure sous la forme HH:MM en mots, et ce pour trois systèmes différents, dont le sistema de camapanar.
+Le site internet Softcatala, qui propose une foule d’outils en lien avec le catalan, rend disponible en ligne un programme permettant de convertir l’heure sous la forme HH:MM en mots, et ce pour trois systèmes différents, dont le sistema de campanar.
-=> https://www.softcatala.org/hora-en-catala/ L'hora en català
+=> https://www.softcatala.org/hora-en-catala/ L’hora en català
## Conclusion
-Voici donc quatre faits du catalan que je trouve très intéressants et qui contribuent à en faire une langue unique. Il y en a bien entendu beaucoup d'autres, et je n'exclue pas d'augmenter au jour cet article d'autres curiosités.
+Voici donc quatre faits du catalan que je trouve très intéressants et qui contribuent à en faire une langue unique. Il y en a bien entendu beaucoup d’autres, et je n’exclue pas d’augmenter au jour cet article d’autres curiosités.
## Notes
-[1] Certains affirment que la variété de catalan parlée à Valence est une langue distincte, le valencien. Je crois cependant que cette distinction n'est pas justifiée sur le plan linguistique.
+[1] Certains affirment que la variété de catalan parlée à Valence est une langue distincte, le valencien. Cette opinion n’est pas justifiée du point de vu linguistique.
-[2] Il y a d'autres variétés parlées en Catalogne, la nord-occidental, par exemple.
+[2] Il y a d’autres variétés parlées en Catalogne.
-[3] Je ne parle pas ici de l'accent graphique qui sert à distinguer à l'écrit deux homophones (« es », le pronom réflexif « se » et « és », « il est », par exemple). Je parle de l'accent tel qu'il est prononcé.
+[3] Je ne parle pas ici de l’accent graphique qui sert à distinguer à l’écrit deux homophones (« es », le pronom réflexif « se » et « és », « il est », par exemple). Je parle de l’accent tel qu’il est prononcé.
-[4] La différence entre les représentations phonétiques et phonémiques s'illustre bien par l'exemple suivant. La plupart des locuteurs du français québécois, bien qu'ils remarquent à peu près tous une différence par rapport aux autres variétés de français, n'ont pas conscience de prononcer spécifiquement [pətsi] plutôt que [pəti] le mot « petit ». Il s'agit d'une différence phonétique, mais pas phonémique. La transcription phonétique de ces deux prononciations est la même, /pəti/.
+[4] La différence entre les représentations phonétiques et phonémiques s’illustre bien par l’exemple suivant. La plupart des locuteurs du français québécois, bien qu’ils remarquent à peu près tous une différence par rapport aux autres variétés de français, n’ont pas conscience de prononcer spécifiquement [pətsi] plutôt que [pəti] le mot « petit ». Il s’agit d’une différence phonétique, mais pas phonémique. La transcription phonétique de ces deux prononciations est la même, /pəti/.
-[5] J'ai entendu à deux reprises, dans une vidéo d'Easy Catalan, une même personne dire « gota » (goute) : la première fois seule, avec le sens de « pas du tout », et la deuxième fois au sein d'une phrase, pour renforcer la négation (« Que no hom som gota ».). Je ne sais pas si le phénomène est courant ; c'est la première (et seule) fois que j'ai remarqué un tel usage. En tout cas, ça témoigne de la conservation d'un élément que le français a délaissé. Belle richesse.
+[5] J’ai entendu à deux reprises, dans une vidéo d’Easy Catalan, une même personne dire « gota » (goute) : la première fois seule, avec le sens de « pas du tout », et la deuxième fois au sein d’une phrase, pour renforcer la négation (« Que no ho som gota ».). Je ne sais pas si le phénomène est courant ; c’est la première (et seule) fois que j’ai remarqué un tel usage. En tout cas, ça témoigne de la conservation d’un élément que le français a délaissé. Belle richesse.
=> https://www.youtube.com/watch?v=jQvoY5cH1nk Vidéo en question
## Bibliographie
-* Institut d'Estudis Catalans (IEC). (2016). Gramàtica de la llengua catalana.
-* Institut d'Estudis Catalans (IEC). (2018). Gramàtica essential de la llengua catalana.
-* Institut d'Estudis Catalans (IEC). (2019). Gramàtica bàsica i d'ús de la llengua catalana.
+* Institut d’Estudis Catalans (IEC). (2016). Gramàtica de la llengua catalana.
+* Institut d’Estudis Catalans (IEC). (2018). Gramàtica essential de la llengua catalana.
+* Institut d’Estudis Catalans (IEC). (2019). Gramàtica bàsica i d’ús de la llengua catalana.
* De Pedrolo, M. (2013). Mecanoscrit del segon origen. Edicions 62.
diff --git a/src/articles/depre_temps_hexadecimal.conv b/src/articles/depre_temps_hexadecimal.conv
@@ -6,13 +6,13 @@ type:article
description:Les dêpre est une représentation hexadécimale du temps. Cet article le présente.
uuid:9be97403-2cfc-4982-aa66-d9ae2e405ce2
-Le dêpre est une représentation hexadécimale du temps. Son unité fondamentale est le cycle, dont la durée correspond à l'intervalle qui sépare deux midis sur Terre. Toutes les autres unités sont dérivées du cycle par division ou par multiplication par 16.
+Le dêpre est une représentation hexadécimale du temps. Son unité fondamentale est le cycle, dont la durée correspond à l’intervalle qui sépare deux midis sur Terre. Toutes les autres unités sont dérivées du cycle par division ou par multiplication par 16.
-On commence à compter à partir de zéro, et non pas à partir de 1 comme le fait le calendrier grégorien, notamment. Chaque personne qui utilise le dêpre décide de l'identité du cycle zéro, du moment où le compte commence.
+On commence à compter à partir de zéro, et non pas à partir de 1 comme le fait le calendrier grégorien, notamment. Chaque personne qui utilise le dêpre décide de l’identité du cycle zéro, du moment où le compte commence.
-Le dêpre s'écrit en deux segments séparés par un point. Par exemple : 2264.be9. Le premier segment donne le nombre de cycles écoulés depuis le début du cycle zéro et le second le nombre de subdivisions de cycle écoulées depuis la fin du dernier cycle complet. La précision du deuxième segment n'est pas fixée : on peut écrire une heure avec plus ou moins de chiffres après le point. Les deux segments sont écrits dans le format hexadécimal standard, dans lequel les chiffres vont de 0 à f.
+Le dêpre s’écrit en deux segments séparés par un point. Par exemple : 2264.be9. Le premier segment donne le nombre de cycles écoulés depuis le début du cycle zéro et le second le nombre de subdivisions de cycle écoulées depuis la fin du dernier cycle complet. La précision du deuxième segment n’est pas fixée : on peut écrire une heure avec plus ou moins de chiffres après le point. Les deux segments sont écrits dans le format hexadécimal standard, dans lequel les chiffres vont de 0 à f.
-Chaque position dans la représentation écrite du dêpre reçoit un nom. Dans le premier segment, il y a, de droite à gauche : le cycle, le cap, l'acte et l'âge. Le cap est long de 16 cycles, l'acte l'est de 16 caps (256 cycles) et l'âge vaut 16 actes (4096 cylces, soit environ 11 révolutions de la Terre autour du Soleil).
+Chaque position dans la représentation écrite du dêpre reçoit un nom. Dans le premier segment, il y a, de droite à gauche : le cycle, le cap, l’acte et l’âge. Le cap est long de 16 cycles, l’acte l’est de 16 caps (256 cycles) et l’âge vaut 16 actes (4096 cylces, soit environ 11 révolutions de la Terre autour du Soleil).
Dans le deuxième segment, il y a, de gauche à droite : la phase, la marche, la barre et la coche. Ces unités valent respectivement 1 heure et demie, un peu plus de 5 minutes et demie, environ 21 secondes et environ 1 seconde et tiers. Il y a 16 phases dans un cycle, 16 marches dans une phases, 16 barres dans une marche et 16 coches dans une barre.
@@ -29,7 +29,7 @@ $ depre
2266.aa1
```
-Par défaut, le cycle zéro commence à la seconde 962337600 depuis le début de l'ère Unix, selon mon caprice. Il est toutefois possible de choisir un autre point de départ en réglant la variable d'environnement DEPRE_ZERO ou l'option -z à la seconde appropriée. Par exemple, le deux commandes suivantes sont équivalentes et font coincider le cycle zéro avec le début de l'ère Unix.
+Par défaut, le cycle zéro commence à la seconde 962337600 depuis le début de l’ère Unix, selon mon caprice. Il est toutefois possible de choisir un autre point de départ en réglant la variable d’environnement DEPRE_ZERO ou l’option -z à la seconde appropriée. Par exemple, le deux commandes suivantes sont équivalentes et font coincider le cycle zéro avec le début de l’ère Unix.
```
$ DEPRE_ZERO=0 depre
@@ -48,7 +48,7 @@ La page du manuel de dêpre contient une description exhaustive de ses options.
=> https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_calendriers Liste de calendriers sur Wikipédia
=> https://fr.wikipedia.org/wiki/Temps_hexad%C3%A9cimal Page Wikipédia sur le temps hexadécimal
-=> https://fr.wikipedia.org/wiki/Heure_Internet Page Wikipédia sur l'Heure Internet
+=> https://fr.wikipedia.org/wiki/Heure_Internet Page Wikipédia sur l’Heure Internet
=> https://wiki.xxiivv.com/site/arvelie.html Calendrier utilisé par Devine Lu Linvega (en anglais)
=> https://wiki.xxiivv.com/site/neralie.html Horloge décimale utilisé par Devine Lu Linvega (en anglais)
diff --git a/src/articles/execrom_executeur_roms.conv b/src/articles/execrom_executeur_roms.conv
@@ -63,7 +63,7 @@ Mon nom est ./autre_nom.sh
Cette donnée permet à un programme de prendre des décisions informées par son nom d’invocation.
-L’idée est donc la suivante. Les fichiers à interpréter sont placés dans un ou plusieurs dossiers répertoriés par la variable EXECROM_CHEM et dont la structure est analogue à celle de PATH. Le nom de ces fichiers a la forme « nom.interpréteur », où le préfixe « nom » correspond au nom du programme à interpréter et où le suffixe « interpréteur » est le nom de l’exécutable destiné à interpréter le programme. À son lancement, execrom(8) prend connaissance de son nom d’invocation et parcourt les dossiers répertoriés dans EXECROM_CHEM à la recherche d’un fichier dont le préfixe soit conforme au nom d’invocation. S’il le trouve, il exécute l’interpréteur désigné par le suffixe, en lui donnant sa liste d’arguments en argument.
+L’idée est donc la suivante. Les fichiers à interpréter sont placés dans un ou plusieurs dossiers répertoriés par la variable EXECROM_CHEM et dont la structure est analogue à celle de PATH. Le nom de ces fichiers a la forme « nom.interpréteur », où le préfixe « nom » correspond au nom du programme à interpréter et où le suffixe « interpréteur » est le nom de l’exécutable destiné à interpréter le programme. À son lancement, execrom(8) prend connaissance de son nom d’invocation et parcourt les dossiers répertoriés dans EXECROM_CHEM à la recherche d’un fichier dont le préfixe soit conforme au nom d’invocation. S’il le trouve, il exécute l’interpréteur désigné par le suffixe, en lui donnant sa liste d’arguments en argument.
L’idée est probablement plus facile à saisir avec un exemple.
diff --git a/src/articles/finger_openbsd.conv b/src/articles/finger_openbsd.conv
@@ -8,24 +8,24 @@ type:article
description:Tutoriel montrant comment configurer un server finger sous OpenBSD.
uuid:f4c6527f-504d-4e4f-946e-fbb0b7e659d7
-Le protocole finger est à l'image des premiers temps d'Internet : simplissime et convivial[1]. Publiée en 1977, la RFC 742 est la première à en détailler le fonctionnement. Notre protocole dépasse donc aujourd'hui les 45 ans. Trois autres RFC ont suivi la première, la dernière étant la RFC 1288, publiée en 1991.
+Le protocole finger est à l’image des premiers temps d’Internet : simplissime et convivial[1]. Publiée en 1977, la RFC 742 est la première à en détailler le fonctionnement. Notre protocole dépasse donc aujourd’hui les 45 ans. Trois autres RFC ont suivi la première, la dernière étant la RFC 1288, publiée en 1991.
=> https://www.rfc-editor.org/rfc/rfc742 RFC 742
=> https://www.rfc-editor.org/rfc/rfc1288 RFC 1288
-finger est une sorte de super carnet d'adresses en ligne. Une simple requête permet de recevoir ce qu'on pourrait appeler la « page d'accueil » du serveur, qui contient souvent la liste des utilisateurs qui y sont connectés. Augmentée d'un nom d'utilisateur, la requête fournit une somme variable d'informations concernant cet utilisateur. Il s'agit traditionnellement de son nom complet, de l'emplacement de son dossier ~/, du programme shell qu'il utilise, de la date et de l'heure de sa dernière connexion, de son numéro de téléphone, de l'état de sa boîte courriel, etc. En outre, les serveurs finger affichent typiquement le contenu des fichiers ~/.project et ~/.plan. Le premier tend à contenir des informations générales sur l'utilisateur, sur ses intérêts, etc. ; le second est souvent plus spécifique et changeant et lui sert à informer les autres de ses plans à court terme, de ce qui l'occupe, de ce qu'il explore ou veut explorer, etc. Mais ce qu'affiche une requête finger dépend en définitive des préférences de l'administrateur et de l'utilisateur.
+finger est une sorte de super carnet d’adresses en ligne. Une simple requête permet de recevoir ce qu’on pourrait appeler la « page d’accueil » du serveur, qui contient souvent la liste des utilisateurs qui y sont connectés. Augmentée d’un nom d’utilisateur, la requête fournit une somme variable d’informations concernant cet utilisateur. Il s’agit traditionnellement de son nom complet, de l’emplacement de son dossier ~/, du programme shell qu’il utilise, de la date et de l’heure de sa dernière connexion, de son numéro de téléphone, de l’état de sa boîte courriel, etc. En outre, les serveurs finger affichent typiquement le contenu des fichiers ~/.project et ~/.plan. Le premier tend à contenir des informations générales sur l’utilisateur, sur ses intérêts, etc. ; le second est souvent plus spécifique et changeant et lui sert à informer les autres de ses plans à court terme, de ce qui l’occupe, de ce qu’il explore ou veut explorer, etc. Mais ce qu’affiche une requête finger dépend en définitive des préférences de l’administrateur et de l’utilisateur.
-L'âge d'or de finger semble révolu. Il était une l'époque où très peu d'individus possédaient un ordinateur personnel et où une grande partie de ceux qui avaient à en utiliser un devaient se connecter à un ordinateur central, donc partagé, appartenant à quelque université ou entreprise. Alors, « toutes les machines Unix connectées au réseau avaient un serveur finger », dit-on[2]. Avant l'avènement du Web, c'était un des seuls moyens informatisés répandus et efficaces d'obtenir de l'information sur quelqu'un.
+L’âge d’or de finger semble révolu. Il était une l’époque où très peu d’individus possédaient un ordinateur personnel et où une grande partie de ceux qui avaient à en utiliser un devaient se connecter à un ordinateur central, donc partagé, appartenant à quelque université ou entreprise. Alors, « toutes les machines Unix connectées au réseau avaient un serveur finger », dit-on[2]. Avant l’avènement du Web, c’était un des seuls moyens informatisés répandus et efficaces d’obtenir de l’information sur quelqu’un.
-Aujourd'hui, le protocole, sans être totalement tombé en désuétude, est assez marginal ; c'est le moins qu'on puisse dire. Il jouit toutefois d'un regain d'intérêt récent avec la montée de l'Internet simple et indépendant (je suis toujours à la recherche d'un terme français pour « smol web »). Il est apprécié pour sa simplicité et pour son fonctionnement décentralisé. Plusieurs serveurs tildes mettent ainsi à la disposition de leurs membres un serveur finger.
+Aujourd’hui, le protocole, sans être totalement tombé en désuétude, est assez marginal ; c’est le moins qu’on puisse dire. Il jouit toutefois d’un regain d’intérêt récent avec la montée de l’Internet simple et indépendant (je suis toujours à la recherche d’un terme français pour « smol web »). Il est apprécié pour sa simplicité et pour son fonctionnement décentralisé. Plusieurs serveurs tildes mettent ainsi à la disposition de leurs membres un serveur finger.
-=> gemini://zaibatsu.circumlunar.space/~solderpunk/phlog/were-bringin-finger-back.txt Article de Solderpunk « We're bringin' finger back! » (en anglais)
+=> gemini://zaibatsu.circumlunar.space/~solderpunk/phlog/were-bringin-finger-back.txt Article de Solderpunk « We’re bringin’ finger back! » (en anglais)
-J'héberge de depuis peu mon propre serveur finger. J'ai été séduit par sa simplicité et par l'espoir de le voir renaître comme moyen d'échange et de socialisation au sein des petites communautés de l'Internet citoyen.
+J’héberge de depuis peu mon propre serveur finger. J’ai été séduit par sa simplicité et par l’espoir de le voir renaître comme moyen d’échange et de socialisation au sein des petites communautés de l’Internet citoyen.
-C'est avec OpenBSD et ses outils que j'ai monté ce serveur, et en la matière, je n'ai pas d'expérience avec d'autres systèmes. Je n'aurai donc qu'OpenBSD en tête en écrivant cet article. Je serais cependant surpris d'apprendre que la marche à suivre diffère grandement entre les systèmes de type Unix.
+C’est avec OpenBSD et ses outils que j’ai monté ce serveur, et en la matière, je n’ai pas d’expérience avec d’autres systèmes. Je n’aurai donc qu’OpenBSD en tête en écrivant cet article. Je serais cependant surpris d’apprendre que la marche à suivre diffère grandement entre les systèmes de type Unix.
-## Exemples d'utilisation
+## Exemples d’utilisation
De nombreux systèmes dérivés de Unix sont livrés avec le programme finger(1), qui permet de réaliser des requêtes par ce protocole.
@@ -47,9 +47,9 @@ DC)connectC) depuis le 2023-02-10 C 03:20:17 (UTC)
[Et cetera]
```
-Le client d'OpenBSD ne gère que l'encodage ASCII. C'est pourquoi le texte n'est pas affiché correctement. Les RFC sur finger à partir de 1194 RECOMMANDENT en effet de filtrer des caractères et de ne laisser passer que les caractères entre 32 et 126, de même que t, r et n. Il est en outre spécifié que le serveur DOIT transmettre des caractères ASCII entre 128 et 255. D'habitude, je respecte les standards de bon cœur, mais quand j'écris en français, j'emploie les caractères en usage dans cette langue. Je ne me passerai ni des accents, ni des cédilles, ni des guillemets, ni, tant qu'à y être, d'autres commodités typographiques comme les ligatures. Je pense que nous pouvons nous permettre d'utiliser l'UTF-8[3].
+Le client d’OpenBSD ne gère que l’encodage ASCII. C’est pourquoi le texte n’est pas affiché correctement. Les RFC sur finger à partir de 1194 RECOMMANDENT en effet de filtrer des caractères et de ne laisser passer que les caractères entre 32 et 126, de même que t, r et n. Il est en outre spécifié que le serveur DOIT transmettre des caractères ASCII entre 128 et 255. D’habitude, je respecte les standards de bon cœur, mais quand j’écris en français, j’emploie les caractères en usage dans cette langue. Je ne me passerai ni des accents, ni des cédilles, ni des guillemets, ni, tant qu’à y être, d’autres commodités typographiques comme les ligatures. Je pense que nous pouvons nous permettre d’utiliser l’UTF-8[3].
-Heureusement, le protocole est si simple qu'on peut simuler le fonctionnement du programme avec netcat ou telnet, qui ne souffrent pas des mêmes limitations. Il suffit d'ouvrir un connexion avec le serveur approprié au port 79 et d'envoyer une seule ligne de texte. Cette ligne correspond généralement à l'utilisateur au sujet duquel on veut obtenir de l'information.
+Heureusement, le protocole est si simple qu’on peut simuler le fonctionnement du programme avec netcat ou telnet, qui ne souffrent pas des mêmes limitations. Il suffit d’ouvrir un connexion avec le serveur approprié au port 79 et d’envoyer une seule ligne de texte. Cette ligne correspond généralement à l’utilisateur au sujet duquel on veut obtenir de l’information.
```
$ telnet asteride.xyz 79
@@ -69,7 +69,7 @@ Déconnecté depuis le 2023-02-10 à 03:20:17 (UTC)
[Et cetera]
```
-On peut même créer une fonction shell avec netcat pour remplacer le client de base. Elle n'est pas complète, mais elle sait faire l'important.
+On peut même créer une fonction shell avec netcat pour remplacer le client de base. Elle n’est pas complète, mais elle sait faire l’important.
```
finger() {
@@ -79,7 +79,7 @@ finger() {
}
```
-On peut souvent obtenir la liste des utilisateurs connectés à un système en ne précisant pas de nom d'utilisateur. Bien sûr, l'administrateur est maître de ce qui est envoyé.
+On peut souvent obtenir la liste des utilisateurs connectés à un système en ne précisant pas de nom d’utilisateur. Bien sûr, l’administrateur est maître de ce qui est envoyé.
```
$ finger @asteride.xyz
@@ -95,7 +95,7 @@ Le système héberge les utilisateurs suivants:
* ldp (alias Loïc Daignault-Pichette)
Vous pouvez taper quelque chose comme « finger UTILISATEUR@asteride.xyz »
-pour consulter le profil d'UTILISATEUR.
+pour consulter le profil d’UTILISATEUR.
```
Cela revient à envoyer une ligne vide.
@@ -113,7 +113,7 @@ Bienvenue sur asteride.xyz.
[Et cetera]
```
-asteride.xyz ne compte qu'un seul (vrai) utilisateur. On peut aller voir sur des serveurs tildes comme zaibatsu.circumlunar.space, tilde.club, tilde.institude, etc. pour consulter une liste plus longue.
+asteride.xyz ne compte qu’un seul (vrai) utilisateur. On peut aller voir sur des serveurs tildes comme zaibatsu.circumlunar.space, tilde.club, tilde.institude, etc. pour consulter une liste plus longue.
```
$ finger @zaibatsu.circumlunar.space
@@ -122,7 +122,7 @@ $ finger @tilde.institute
$ finger @etc.
```
-Je veux aussi donner un exemple d'utilisation originale du protocole. Techniquement, il ne s'agit que d'envoyer du texte en réponse à une ligne de texte. Un serveur peut alors interpréter cette ligne comme il le veut. graph.no permet ainsi de consulter la météo avec finger.
+Je veux aussi donner un exemple d’utilisation originale du protocole. Techniquement, il ne s’agit que d’envoyer du texte en réponse à une ligne de texte. Un serveur peut alors interpréter cette ligne comme il le veut. graph.no permet ainsi de consulter la météo avec finger.
```
$ finger québec~72@graph.no
@@ -157,11 +157,11 @@ finger @graph.no
## Configuration
-Cette présentation achevée, nous pouvons maintenant voir comment mettre en place un serveur finger sous OpenBSD. Ce n'est pas extrêmement compliqué. D'abord, le système d'exploitation vient un serveur finger (fingerd(8)) et avec tous les outils nécessaires à son fonctionnement.
+Cette présentation achevée, nous pouvons maintenant voir comment mettre en place un serveur finger sous OpenBSD. Ce n’est pas extrêmement compliqué. D’abord, le système d’exploitation vient un serveur finger (fingerd(8)) et avec tous les outils nécessaires à son fonctionnement.
-fingerd(8) n'est pas un serveur à part entière : il ne tourne pas en arrière-plan (ce n'est un daimôn) et il n'accepte pas lui-même les connections entrantes ; il a besoin d'inetd(8) pour fonctionner. inetd(8) surveille une série de ports et transmet les requêtes à certains programmes.
+fingerd(8) n’est pas un serveur à part entière : il ne tourne pas en arrière-plan (ce n’est un daimôn) et il n’accepte pas lui-même les connections entrantes ; il a besoin d’inetd(8) pour fonctionner. inetd(8) surveille une série de ports et transmet les requêtes à certains programmes.
-C'est par le fichier de configuration /etc/inetd.conf qu'on lui indique quels ports surveiller et quel programme exécuter en cas de requête. Un exemple de configuration est disponible au /etc/examples/inetd.conf. Ce sont les lignes qui commencent par « #finger » qui nous intéressent. Il s'agit de les copier dans le fichier de configuration /etc/inetd.conf et de retirer ces dièses qui marquent les commentaires.
+C’est par le fichier de configuration /etc/inetd.conf qu’on lui indique quels ports surveiller et quel programme exécuter en cas de requête. Un exemple de configuration est disponible au /etc/examples/inetd.conf. Ce sont les lignes qui commencent par « #finger » qui nous intéressent. Il s’agit de les copier dans le fichier de configuration /etc/inetd.conf et de retirer ces dièses qui marquent les commentaires.
```
$ cat /etc/inetd.conf
@@ -169,7 +169,7 @@ finger stream tcp nowait _fingerd /usr/libexec/fingerd fingerd -
finger stream tcp6 nowait _fingerd /usr/libexec/fingerd fingerd -lsm
```
-Il y a deux lignes, car on veut qu'inetd(8) soit attentif au requêtes venants d'IPv4 et d'IPv6. Si on voulait surveiller non pas le port 79, qui est le port standard de finger, mais à un autre port, on replacerait le premier champ (« finger ») par le numéro de ce port. On peut aussi écrire :
+Il y a deux lignes, car on veut qu’inetd(8) soit attentif au requêtes venants d’IPv4 et d’IPv6. Si on voulait surveiller non pas le port 79, qui est le port standard de finger, mais à un autre port, on replacerait le premier champ (« finger ») par le numéro de ce port. On peut aussi écrire :
```
$ cat /etc/inetd.conf.fictif
@@ -179,7 +179,7 @@ $ cat /etc/inetd.conf.fictif
En fait, inetd(8) consulte le fichier /etc/services pour connaître la correspondance entre le nom du service et numéro de port à utiliser. Une autre option serait donc de modifier ce fichier.
-Le quatrième champ spécifie le nom de l'utilisateur sous lequel exécuter le programme finger. Ici, il s'agit de _fingerd, ce qui est tout à fait approprié.
+Le quatrième champ spécifie le nom de l’utilisateur sous lequel exécuter le programme finger. Ici, il s’agit de _fingerd, ce qui est tout à fait approprié.
Le cinquième champ donne le chemin vers le programme qui doit traiter la requête. Ici, il nous utilisons le programme inclus dans OpenBSD. Les champs suivants seront donnés en argument à ce programme (avec « fingerd » comme argument 0). Trois options sont spécifiées. -l demande de noter chaque requête dans les journaux. -s empêche le transfert des requêtes. Sans cela, la commande
@@ -187,17 +187,17 @@ Le cinquième champ donne le chemin vers le programme qui doit traiter la requê
finger québec~72@graph.no@asteride.xyz
```
-demanderait à asteride.xyz d'effectuer lui-même la requête à graph.no. Celui-ci n'aurait aucune idée de l'identité de l'initiateur et penserait qu'il s'agit d'asteride.xyz. On comprend que ce n'est pas ce qu'on souhaite permettre.
+demanderait à asteride.xyz d’effectuer lui-même la requête à graph.no. Celui-ci n’aurait aucune idée de l’identité de l’initiateur et penserait qu’il s’agit d’asteride.xyz. On comprend que ce n’est pas ce qu’on souhaite permettre.
-Finalement, l'option -m oblige l'utilisateur à envoyer le nom d'utilisateur exacte au serveur. Autrement, on s'attend à ce que, advenant une requête au sujet d'un utilisateur inexistant, le serveur réponde avec une liste nom d'utilisateurs qui ressemblent à celui de la requête.
+Finalement, l’option -m oblige l’utilisateur à envoyer le nom d’utilisateur exacte au serveur. Autrement, on s’attend à ce que, advenant une requête au sujet d’un utilisateur inexistant, le serveur réponde avec une liste nom d’utilisateurs qui ressemblent à celui de la requête.
La page du manuel de fingerd(8) dresse la liste de toutes les options disponibles.
### Modifier la réponse du serveur
-fingerd(8) offre très peu d'options pour modifier l'apparence du contenu de la réponse ; la liberté de l'utilisateur se limite à ce qu'il peut écrire dans ~/.plan et dans ~/.project.
+fingerd(8) offre très peu d’options pour modifier l’apparence du contenu de la réponse ; la liberté de l’utilisateur se limite à ce qu’il peut écrire dans ~/.plan et dans ~/.project.
-En fait, sur OpenBSD fingerd(8) ne s'occupe pas lui-même la recherche et de la présentation des données. Il délègue ces tâches à finger(1), le même programme qu'on utilise normalement pour effectuer une requête à partir de la ligne de commande. D'ailleurs, il est possible d'utiliser localement la commande sans serveur finger. Voici la réponse affichée par la commande finger(1) que j'ai exécutée sur mon ordinateur portable. (Notez l'absence de « @ »).
+En fait, sur OpenBSD fingerd(8) ne s’occupe pas lui-même la recherche et de la présentation des données. Il délègue ces tâches à finger(1), le même programme qu’on utilise normalement pour effectuer une requête à partir de la ligne de commande. D’ailleurs, il est possible d’utiliser localement la commande sans serveur finger. Voici la réponse affichée par la commande finger(1) que j’ai exécutée sur mon ordinateur portable. (Notez l’absence de « @ »).
```
Login: ldp Name: LoC/c Daignault-Pichette
@@ -213,7 +213,7 @@ New mail received Thu Feb 9 13:35 2023 (EST)
No Plan.
```
-fingerd(8) propose d'utiliser un autre programme que finger(1). On l'indique à l'aide de l'option -P. Voici à quoi devrait ressembler le fichier de configuration d'inetd(8) si on voulait que fingerd(8) transmette le texte généré à chaque requête par le programme qui se trouve au /etc/finger. Bien entendu, il faut que ce programme soit exécutable par _fingerd.
+fingerd(8) propose d’utiliser un autre programme que finger(1). On l’indique à l’aide de l’option -P. Voici à quoi devrait ressembler le fichier de configuration d’inetd(8) si on voulait que fingerd(8) transmette le texte généré à chaque requête par le programme qui se trouve au /etc/finger. Bien entendu, il faut que ce programme soit exécutable par _fingerd.
```
$ cat /etc/inetd.conf
@@ -221,7 +221,7 @@ finger stream tcp nowait _fingerd /usr/libexec/fingerd fingerd -lsm -P /etc/fin
finger stream tcp6 nowait _fingerd /usr/libexec/fingerd fingerd -lsm -P /etc/finger
```
-À partir de là, on peut faire ce qu'on veut. Selon ce que j'ai trouvé dans le code source de fingerd(8), le programme de remplacement devrait savoir gérer (ou ignorer) les options -smMpl, telles que décrites dans finger(1). Les arguments sont donnés par fingerd(8) dans cet ordre : les options sont placées d'abord, suivies du marqueur de fin des options (--) et du contenu de la seule ligne envoyée par le client (un nom d'utilisateur ou rien, la plupart du temps)[4]
+À partir de là, on peut faire ce qu’on veut. Selon ce que j’ai trouvé dans le code source de fingerd(8), le programme de remplacement devrait savoir gérer (ou ignorer) les options -smMpl, telles que décrites dans finger(1). Les arguments sont donnés par fingerd(8) dans cet ordre : les options sont placées d’abord, suivies du marqueur de fin des options (--) et du contenu de la seule ligne envoyée par le client (un nom d’utilisateur ou rien, la plupart du temps)[4]
Voici un exemple de programme de remplacement.
@@ -239,7 +239,7 @@ case $OPT in
M) FG_CHERCHER=1 ;;
p) FG_PLAN= ;;
l) FG_LONG=1 ;;
- *) logger -t finger "L'option -$OPT n'est pas supportée."
+ *) logger -t finger "L’option -$OPT n’est pas supportée."
esac
done
shift $((OPTIND - 1))
@@ -250,21 +250,21 @@ printf '%snn' $UTILISATEUR
[ -r "/home/$UTILISATEUR/.projet" ] && cat "/home/$UTILISATEUR/.projet"
```
-Ce programme n'est pas robuste. Il ne sait même pas gérer la ligne vide. De plus, les dossiers de certains utilisateurs ne se trouvent pas dans /home/ ; c'est le cas de root, par exemple. Il faudrait consulter /etc/passwd pour savoir où le dossier de chaque utilisateur se trouve. Le but est simplement de donner un aperçu du pouvoir qui est entre nos mains.
+Ce programme n’est pas robuste. Il ne sait même pas gérer la ligne vide. De plus, les dossiers de certains utilisateurs ne se trouvent pas dans /home/ ; c’est le cas de root, par exemple. Il faudrait consulter /etc/passwd pour savoir où le dossier de chaque utilisateur se trouve. Le but est simplement de donner un aperçu du pouvoir qui est entre nos mains.
## Brèves remarques sur la sécurité
-Cette section s'impose, car le protocole finger n'a pas une bonne réputation en matière de sécurité. Cette réputation n'est qu'en partie justifiée. Elle est répandue surtout à cause du ver de Morris, qui a, entre autres, profité d'une vulnérabilité dans le programme fingerd répandu à l'époque (c'est-à-dire 1988). Ce n'est pas le protocole lui-même qui a été pris en défaut, mais une mise en œuvre particulière. D'ailleurs, tout service exposé à l'Internet vient avec ses risques en matière de sécurité. Et gardons en tête que ces vulnérabilités ont d'autant moins de chances de survenir que le programme est simple.
+Cette section s’impose, car le protocole finger n’a pas une bonne réputation en matière de sécurité. Cette réputation n’est qu’en partie justifiée. Elle est répandue surtout à cause du ver de Morris, qui a, entre autres, profité d’une vulnérabilité dans le programme fingerd répandu à l’époque (c’est-à-dire 1988). Ce n’est pas le protocole lui-même qui a été pris en défaut, mais une mise en œuvre particulière. D’ailleurs, tout service exposé à l’Internet vient avec ses risques en matière de sécurité. Et gardons en tête que ces vulnérabilités ont d’autant moins de chances de survenir que le programme est simple.
=> https://fr.wikipedia.org/wiki/Morris_(ver_informatique) Article Wikipédia sur le ver de Morris
-Si on veut affirmer que finger n'est pas sécuritaire, c'est à l'objectif même du service qu'il faut s'en prendre. Si on essaie généralement de divulguer le moins d'information possible aux pirates potentiels, c'est parce qu'ils peuvent parfois s'en servir pour mieux cibler leurs attaques. Or, le but de finger est de partager de l'information. Disposer de la liste des utilisateurs connectés et connaître leurs plans et leurs intérêts a des chances de faciliter la vie de ces pirates. Ça ne fait aucun doute. Par contre, avoir un blogue, un compte Facebook, un compte Mastodon, etc. bref être présent et actif sur ce genre de plateforme accessible publiquement risque d'aider les pirates bien plus que d'avoir une présence sur finger.
+Si on veut affirmer que finger n’est pas sécuritaire, c’est à l’objectif même du service qu’il faut s’en prendre. Si on essaie généralement de divulguer le moins d’information possible aux pirates potentiels, c’est parce qu’ils peuvent parfois s’en servir pour mieux cibler leurs attaques. Or, le but de finger est de partager de l’information. Disposer de la liste des utilisateurs connectés et connaître leurs plans et leurs intérêts a des chances de faciliter la vie de ces pirates. Ça ne fait aucun doute. Par contre, avoir un blogue, un compte Facebook, un compte Mastodon, etc. bref être présent et actif sur ce genre de plateforme accessible publiquement risque d’aider les pirates bien plus que d’avoir une présence sur finger.
-S'il y a peu de chance d'y avoir une faille utile aux pirates dans les programmes finger contemporains et si j'estime que les risques associés à l'information disponible par leur truchement est négligeable, je crois qu'il faut être extrêmement vigilant au moment de créer un programme finger alternatif. Il est très facile de faire des erreurs, surtout dans des programmes shell. Prudence! donc.
+S’il y a peu de chance d’y avoir une faille utile aux pirates dans les programmes finger contemporains et si j’estime que les risques associés à l’information disponible par leur truchement est négligeable, je crois qu’il faut être extrêmement vigilant au moment de créer un programme finger alternatif. Il est très facile de faire des erreurs, surtout dans des programmes shell. Prudence! donc.
## Conclusion
-Si la configuration de base d'un serveur finger sous OpenBSD est très simple, j'ai trouvé moins évident l'exécution d'un programme finger alternatif. Dans ce cas, malgré la réputation d'OpenBSD dans ce domaine, la page de manuel de fingerd(8) ne semble malheureusement aider que ceux qui savent déjà comment faire. J'ai en effet dû consulter le code source du programme pour comprendre comment le configurer. J'ai donc écrit ce guide pour aider ceux qui auraient la même idée que moi.
+Si la configuration de base d’un serveur finger sous OpenBSD est très simple, j’ai trouvé moins évident l’exécution d’un programme finger alternatif. Dans ce cas, malgré la réputation d’OpenBSD dans ce domaine, la page de manuel de fingerd(8) ne semble malheureusement aider que ceux qui savent déjà comment faire. J’ai en effet dû consulter le code source du programme pour comprendre comment le configurer. J’ai donc écrit ce guide pour aider ceux qui auraient la même idée que moi.
## Voir aussi
@@ -279,20 +279,20 @@ Si la configuration de base d'un serveur finger sous OpenBSD est très simple, j
=> https://www.rfc-editor.org/rfc/rfc1196 RFC 1196
=> https://www.rfc-editor.org/rfc/rfc1288 RFC 1288
-### L'article Wikipédia sur finger
+### L’article Wikipédia sur finger
=> https://fr.wikipedia.org/wiki/Finger_(Unix) finger (Unix)
-### L'article de Bortzmeyer sur finger
+### L’article de Bortzmeyer sur finger
=> https://www.bortzmeyer.org/1288.html RFC 1288: The Finger User Information Protocol (en français malgré le titre)
## Notes
-[1] Certains ajouteraient que le peu de souci porté à la sécurité informatique fait de finger un digne représentant de son époque. Ce n'est pas exactement mon avis. J'y reviendrai.
+[1] Certains ajouteraient que le peu de souci porté à la sécurité informatique fait de finger un digne représentant de son époque. Ce n’est pas exactement mon avis. J’y reviendrai.
-[2] Voir l'article de Stéphane Bortzmeyer sur finger.
+[2] Voir l’article de Stéphane Bortzmeyer sur finger.
-[3] Le client Bombadillo, par exemple, accepte les textes encodés en UTF-8. Je serais d'accord pour qu'on modifie le client d'OpenBSD afin qu'il respecte LC_CTYPE.
+[3] Le client Bombadillo, par exemple, accepte les textes encodés en UTF-8. Je serais d’accord pour qu’on modifie le client d’OpenBSD afin qu’il respecte LC_CTYPE.
-[4] Astuce : si on veut avoir une idée des arguments que finderd(8) donne au programme, on peut remplacer « /etc/finger » par « echo ». Ces arguments seront ainsi transmis par finger.
+[4] Astuce : si on veut avoir une idée des arguments que finderd(8) donne au programme, on peut remplacer « /etc/finger » par « echo ». Ces arguments seront ainsi transmis par finger.
diff --git a/src/articles/jex_construction_ideolangue_pile.conv b/src/articles/jex_construction_ideolangue_pile.conv
@@ -12,7 +12,7 @@ Mais à ce mot d’effort que j’emploie, il manque peut-être l’épithète d
Même après ce jour, l’effort qu’on devra fournir pour extraire l’information linguistique du cerveau d’un seul locuteur risque d’être absolument phénoménale. Car la langue est un système fait de centaines de milliers de règles, nettement plus que ce qu’aucune grammaire de référence n’a jamais pu arriver à consigner.
-Et cela sans parler du fait que ces règles purement linguistiques, en plus du sens conventionnel qu’elles expriment, donnent lieu à un autre niveau de complexité qui a pour effet de modifier l’interprétation des énoncés en fonction du contexte dans lequel ils sont prononcés. Quand au restaurant on entend le serveur nous demander « Est-ce que c’est terminé? », on comprend que ce n’est qu’une manière de dire « Puis-je vous débarrasser? ». De même, « Je prendrais bien de l’eau. » veut souvent dire quelque chose comme « Peux-tu me passer de l’eau? » Ce niveau d’analyse porte le nom de pragmatique et complexifie encore l’interprétation et l’analyse de la langue.
+Et cela sans parler du fait que ces règles purement linguistiques, en plus du sens conventionnel qu’elles expriment, donnent lieu à un autre niveau de complexité qui a pour effet de modifier l’interprétation des énoncés en fonction du contexte dans lequel ils sont prononcés. Quand au restaurant on entend le serveur nous demander « Est-ce que c’est terminé? », on comprend que ce n’est qu’une manière de dire « Puis-je vous débarrasser? ». De même, « Je prendrais bien de l’eau. » veut souvent dire quelque chose comme « Peux-tu me passer de l’eau? » Ce niveau d’analyse porte le nom de pragmatique et complexifie encore l’interprétation et l’analyse de la langue.
Ainsi, si l’élaboration des langues est inconsciente, elle reste le fruit d’une somme prodigieuse d’efforts, distribués sur des milliers d’années et entre des milliers ou des million d’individus. Ce sont des systèmes de ce genre que se proposent de recréer les idéolinguistes. On imagine bien que cette activité n’a rien d’évident. L’immense complexité — non pas seulement numérique mais structurale surtout — d’une langue et la diversité des formes possibles rend en outre impensable l’élaboration d’une recette fixant la méthode de leur création. C’est en cela que l’art se distingue de la technique.
@@ -53,7 +53,7 @@ Plusieurs ont peut-être du mal se représenter un jugement esthétique en idéo
Le lecteur sera peut-être surpris d’apprendre qu’un critère comme l’euphonie joue rarement un rôle déterminant dans la formulations des jugements sur l’agencement et la distribution des sons d’une langue. Plusieurs communautés (surtout celles qui tendent à préférer les idéolangues naturalistes) se sont dotées de moyens plus sophistiqués et objectifs. L’idée de symétrie du système phonologique en est un. Le système phonologique d’une langue contient l’ensemble ses sons tels qu’ils sont perçus par ses locuteurs. Un son n’est pas une unité inanalysable, mais peut être décomposé en une série des traits distinctifs. Le phonème /p/ a ainsi les traits suivants: pulmonique, occlusive, bilabiale, sourd, oral, etc ; le phonème /b/ ne diffère de /p/ que par ce qu’il est sonore (non sourd), donc par la vibration des cordes vocales au moment de le produire ; le phonème /m/ ne diffère de /b/ que par ce qu’il est nasal (non oral) ; le phonème /t/ ne diffère de /p/ que par ce qu’il est alvéo-dental (non bilabial) ; etc. Or, on a remarqué que les phonèmes des langues naturelles tendent à s’organiser autour de ces traits distinctifs. Par exemple, si une langue possède les occlusives /p/, /t/ et /k/ et qu’elle possède aussi la version sonore de /k/ (/g/), on s’attend à qu’elle possède aussi les versions sonores de /p/ et /t/ (/b/ et /d/). Des exceptions existent toujours, mais il s’agit d’une tendance universelle, et on s’attend à en voir le reflet dans les idéolangues naturalistes.
-Un autre exemple de critère esthétique qui sous-tend généralement les jugements formulés par les idéolinguistes naturalistes a trait à la présence d’irrégularités. Comme les langues naturelles présentent un nombre variable d’accidents dans l’application de certaines règles grammaticales, une idéolangue qui se veut plausible de ce point de vue doit en contenir au moins un certain nombre. Il en existe deux types : les « irrégularités irrégulières » et les « irrégularités régulières ». Les première sont les vrais irrégularités, qu’on doit apprendre par cœur et qu’on ne peut vraiment généraliser. Les secondes sont en fait le résultat de l’application de certaines règles dans un certain environnement. Ainsi, la règle du « h » aspiré en français est un exemple d’irrégularité irrégulière, car il n’existe pas de règle synchronique qui permette d’identifier les mots qui demandent l’élision de l’article défini et ceux qui l’interdisent ; il faut apprendre par cœur qu’on dit « le héros » et non « *l’héros » et qu’on dit « l’harmonie » et non « *la harmonie ». En revanche, dans une langue comme le catalan, la règle d’élision de l’article défini féminin est un exemple d’irrégularité régulière. Elle stipule que l’article doit être élidé devant une voyelle, sauf si cette voyelle est /i/ ou /u/ et qu’elle n’est pas accentuée[3]. Ainsi, on dit « la universitat » (l’université) et non « *l’universitat », car ici l’accent tombe sur la dernière syllabe, et on dit « l’única » (l’unique) et non « *la única » parce que l’accent tombe sur le /u/. Une idéolangue naturaliste devrait donc inclure des irrégularités des deux types et devrait idéalement justifier leur existence à l’aide d’une explication plausible de leur émergence.
+Un autre exemple de critère esthétique qui sous-tend généralement les jugements formulés par les idéolinguistes naturalistes a trait à la présence d’irrégularités. Comme les langues naturelles présentent un nombre variable d’accidents dans l’application de certaines règles grammaticales, une idéolangue qui se veut plausible de ce point de vue doit en contenir au moins un certain nombre. Il en existe deux types : les « irrégularités irrégulières » et les « irrégularités régulières ». Les première sont les vrais irrégularités, qu’on doit apprendre par cœur et qu’on ne peut vraiment généraliser. Les secondes sont en fait le résultat de l’application de certaines règles dans un certain environnement. Ainsi, la règle du « h » aspiré en français est un exemple d’irrégularité irrégulière, car il n’existe pas de règle synchronique qui permette d’identifier les mots qui demandent l’élision de l’article défini et ceux qui l’interdisent ; il faut apprendre par cœur qu’on dit « le héros » et non « *l’héros » et qu’on dit « l’harmonie » et non « *la harmonie ». En revanche, dans une langue comme le catalan, la règle d’élision de l’article défini féminin est un exemple d’irrégularité régulière. Elle stipule que l’article doit être élidé devant une voyelle, sauf si cette voyelle est /i/ ou /u/ et qu’elle n’est pas accentuée[3]. Ainsi, on dit « la universitat » (l’université) et non « *l’universitat », car ici l’accent tombe sur la dernière syllabe, et on dit « l’única » (l’unique) et non « *la única » parce que l’accent tombe sur le /u/. Une idéolangue naturaliste devrait donc inclure des irrégularités des deux types et devrait idéalement justifier leur existence à l’aide d’une explication plausible de leur émergence.
Il en existe beaucoup d’autres, et j’aurais pu ajouter à ces critères ceux de la cohérence interne, du niveau de complexité approprié, de l’originalité des moyens grammaticaux, de la monumentalité de l’œuvre, etc.
@@ -75,7 +75,7 @@ Nous savons depuis Saussure que la langue est une convention arbitraire et que,
Plus un principe est contraignant, plus il oriente la création. Les options ne disparaissent pas pour autant, mais un cadre plus restrictif aide à les filtrer. Je postule que si la contrainte plaît au créateur la création lui plaira aussi.
-J’envie parfois les créateurs des premiers temps de l’idéolinguisme pour qui l’abondance des options devait sembler plus légère. D’une part, d’options, ils en avaient considérablement moins, car elles ne se diffusaient pas aussi facilement et étaient donc bien moins accessibles. On n’a pas besoin de ce qu’on ignore, disait Laborit. D’autre part, les risques d’un choix importaient bien moins. Non seulement obéissaient-ils à un sens esthétique souvent moins exigeant, mais aussi le choix lui-même était en quelque sorte secondaire. Les premiers idéolinguistiques étaient les premiers habitants d’un nouveau monde, et ce qui importait alors était de défricher, de bâtir et de semer. Il fallait manger et passer l’hivers ; voilà à quoi se mesurerait le succès. Ces tâches ne demandent plus autant d'effort et de créativité à nous qu'à nos prédécesseurs, et aujourd'hui c’est sur l’allure de la maison qu’on se concentre pour juger du travail d’un idéolinguiste. Ce serait une bonne stratégie, il me semble, pour alléger le poids et le nombre des options, que de faire comme les anciens et de défricher de nouvelles terres, là où les conceptions esthétiques que j’ai acquises perdent de leur pertinence. Les forêts vierges se font rares dans le domaine du naturalisme.
+J’envie parfois les créateurs des premiers temps de l’idéolinguisme pour qui l’abondance des options devait sembler plus légère. D’une part, d’options, ils en avaient considérablement moins, car elles ne se diffusaient pas aussi facilement et étaient donc bien moins accessibles. On n’a pas besoin de ce qu’on ignore, disait Laborit. D’autre part, les risques d’un choix importaient bien moins. Non seulement obéissaient-ils à un sens esthétique souvent moins exigeant, mais aussi le choix lui-même était en quelque sorte secondaire. Les premiers idéolinguistiques étaient les premiers habitants d’un nouveau monde, et ce qui importait alors était de défricher, de bâtir et de semer. Il fallait manger et passer l’hivers ; voilà à quoi se mesurerait le succès. Ces tâches ne demandent plus autant d’effort et de créativité à nous qu’à nos prédécesseurs, et aujourd’hui c’est sur l’allure de la maison qu’on se concentre pour juger du travail d’un idéolinguiste. Ce serait une bonne stratégie, il me semble, pour alléger le poids et le nombre des options, que de faire comme les anciens et de défricher de nouvelles terres, là où les conceptions esthétiques que j’ai acquises perdent de leur pertinence. Les forêts vierges se font rares dans le domaine du naturalisme.
Qu’on me comprenne bien : il ne s’agit pas de faire une langue médiocre. Il s’agit au contraire de m’organiser pour éviter la médiocrité. J’identifie mes critères esthétiques, j’identifie mes limites et je cherche le moyen de satisfaire les uns en respectant les autres. De même, il ne faut pas se méprendre sur l’attitude : je ne me résigne pas à délaisser le principe naturaliste, ce n’est pas non plus par résignation que j’adopte un autre principe. Chronologiquement, l’alternative est arrivé avant le désir d’alternative ; il n’y a jamais eu recherche, mais trouvaille puis comparaison.
@@ -204,7 +204,7 @@ Un ami parle à un ami (ou : Des amis se parlent)
Et cetera.
-La pile n’est pas un principe idéolinguistique totalement inexploré. Le fith, entre autres, est basé sur ce principe. Cependant, si sa qualité de pionnier et la nature du principe suffit à rendre l'idéolangue digne d’éloges, je ne trouve pas son approche satisfaisante. Le mode d’interprétation des phrases est très peu détaillé, par exemple. En particulier, je me demande comment un prédicat (un verbe ou un adjectif, par exemple) peut être modifié s’il consomme ses arguments et disparaît aussitôt qu’il est placé sur la pile. La langue est somme toute très peu documentée.
+La pile n’est pas un principe idéolinguistique totalement inexploré. Le fith, entre autres, est basé sur ce principe. Cependant, si sa qualité de pionnier et la nature du principe suffit à rendre l’idéolangue digne d’éloges, je ne trouve pas son approche satisfaisante. Le mode d’interprétation des phrases est très peu détaillé, par exemple. En particulier, je me demande comment un prédicat (un verbe ou un adjectif, par exemple) peut être modifié s’il consomme ses arguments et disparaît aussitôt qu’il est placé sur la pile. La langue est somme toute très peu documentée.
=> https://www.frathwiki.com/Fith Page sur FrathWiki (en anglais)
=> https://web.archive.org/web/20110610231636/http://www.langmaker.com/fith.htm Page Langmaker archivée (en anglais)
@@ -216,7 +216,7 @@ Le principe de pile satisfait tous mes critères. D’abord, il est contraignant
Cette langue dont je planifie le développement et dont cet article est l’acte de naissance, je l’ai baptisée jex ([ʒeʃ], « jéche »). J’ai l’intention d’en faire une idéolangue personnelle, qui se développera en même temps que moi.
-Je compte l’apprendre. Les structures d’une idéolangue basée sur le principe de pile sont évidemment très différentes de celles des langues naturelles, et on peut douter de la capacité d’un humain à l'apprendre. Je suis sceptique moi aussi. Je suppose qu’il est impossible pour un humain d’exploiter tout le potentiel de la pile, mais ça ne veut pas dire qu’un sous-ensemble pas tout à fait équivalent aux langues naturelles soit hors de sa portée. Ce sera au moins l’occasion d’en apprendre plus sur notre faculté de langage.
+Je compte l’apprendre. Les structures d’une idéolangue basée sur le principe de pile sont évidemment très différentes de celles des langues naturelles, et on peut douter de la capacité d’un humain à l’apprendre. Je suis sceptique moi aussi. Je suppose qu’il est impossible pour un humain d’exploiter tout le potentiel de la pile, mais ça ne veut pas dire qu’un sous-ensemble pas tout à fait équivalent aux langues naturelles soit hors de sa portée. Ce sera au moins l’occasion d’en apprendre plus sur notre faculté de langage.
Je rendrai compte du développement du jex dans des articles subséquents. Au travail!
diff --git a/src/index.conv b/src/index.conv
@@ -1,4 +1,4 @@
-titre:Le Site d'~ldp
+titre:Le Site d’~ldp
message:~ Depuis le 1ea4 ~
auteur:~ldp
type:accueil
@@ -12,17 +12,17 @@ Je suis ~ldp et je vous souhaite la bienvenue dans mon humble demeure virtuelle.
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